Structures musicales du blues :
D'un point de vue technique, le blues repose sur trois éléments : un rythme souvent ternaire syncopé, l'harmonie en I-IV-V (les notes "tonales" de la tonalité, connues depuis les grecs antiques), et la mélodie qui utilise la gamme blues et les "notes bleues".
Le blues a eu une influence sur une très large variété de styles musicaux, qui intégrèrent dans des proportions variables l'un ou plusieurs de ces éléments. Si l'on ne peut alors plus parler de blues on utilise fréquemment le qualificatif bluesy pour indiquer cette coloration particulière. Au-delà de stricts canons techniques, le blues se caractérise souvent - mais pas toujours - par une humeur teintée d'une certaine langueur ou mélancolie.
Rythme :
Le blues repose sur un rythme ternaire syncopé. Chaque temps est donc découpé en trois croches dont on ne marque que la première et la troisième. Si le rythme peut être plus ou moins rapide, le blues est traditionnellement joué assez lentement. Le terme de shuffle indique généralement un tempo moyen. Quant au boogie, c'est en général une cadence plus appuyée.
Harmonie :
Le blues traditionnel est formé à partir d'une cadence de 3 accords, qui se répètent sur douze mesures. Dans ce cas on parle de « 12 bar Blues ». Ces accords, désignés par les chiffres romains I-IV-V, sont les premiers, quatrième et cinquième de la gamme majeure correspondant à la tonalité du morceau. Les sonorités les plus communément employées sont les accords de septième. Dans ses formes un peu plus élaborées, le Blues recourt fréquemment à des accords de neuvième, voire à d’autres types d'accords.
La mélodie dans le Blues
La gamme blues traditionnelle est simplement une gamme pentatonique mineure à laquelle on a ajouté une note. C'est cette dernière (la quinte diminuée) qui donne la couleur blues au morceau, d'où son nom de blue note (« note bleue »). Certains auteurs, notamment Le Roi Jones dans son livre Le Peuple Blues, avancent la théorie que ce serait là une tentative d'adaptation d'une gamme propre à la musique traditionnelle africaine.
Les 5 + 1 notes de la gamme blues sont donc : T + 1,5 + 1 + 0,5 (blue note) + 0,5 + 1,5 (+ T).
E.g. en Do: Do - Mib - Fa - Solb (blue note) - Sol - Sib (- Do).
Si l'on parle de quinte diminuée, il ne faut pas dire Fa# mais sol bémol : do-fa# étant une quarte augmentée. Mais le son est exactement le même, c'est une enharmonie (sauf si les instruments sont accordés selon un tempérament inégal).
Egalement utilisée en Blues est la pentatonique majeure. Ce n'est pas la quinte diminuée qui est la note bleue. D'ailleurs il y a deux notes bleues par mode. Ce sont la tierce mineure et la septième mineure. Pour Do : do - ré - mib - fa - sol - la - sib. La fonction harmonique reste majeure malgré ces deux intervalles mineurs et c'est ce qui donne la couleur du Blues. Si l'on joue la pentatonique majeure sur la tierce mineure on obtient effectivement ces notes bleues. Toujours pour Do : mib - fa - sol - sib - do. La quinte diminuée — en l'occurrence fa# — est une passing note mais n'est pas la note bleue.
La plupart des Blues sont en modes majeurs pour l'accompagnement alors que les mélodies sont chantées sur la gamme pentatonique avec la note bleue. Il existe cependant de fameux Blues en mineur.