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NOTES BLEUES et NOTE BLEUE...

 

Un demi-ton de moins :

Il s’agit d’abaisser « d’un demi-ton la tierce, la septième et éventuellement la quinte d’une gamme majeure diatonique », une approche large, mais insatisfaisante en ce qu’elle suppose l’existence d’une gamme à laquelle des musiciens se seraient explicitement référés. L’introduction des « notes bleues » est généralement rapportée à la persistance d’un pentatonisme « africain », qui serait « gêné » par le diatonisme de la gamme tempérée.

NOTES BLEUES ou NOTE BLEUE : une expression musicale

L’expression a donné son nom à différentes « boîtes » de jazz célèbres, à Philadelphie dans les années 50, à Paris dans les années 60 – le Blue Note de la rue d’Artois où se sont produits tous les grands noms du jazz d’après-guerre –, et à une non moins célèbre collection de disques microsillons, produite par la compagnie Blue Note Records.

Une double note bleue pour le BLUES :

Parmi ces « notes bleues », la plus distinctive, la plus fondatrice est certainement ce que l’on appelle la septième, puisque le blues est fondamentalement constitué d’une succession d’accords de septième. Elle est obtenue, non pas en abaissant d’un demi-ton, mais en abaissant de 2 demi-tons, soit d'un ton, l’octave de l’accord dit « parfait » d' une hypothétique gamme diatonique. Nul besoin en effet de connaître une gamme pour produire un accord, comme tous les guitaristes amateurs le savent bien : ainsi, sol si ré sol – sol si ré fa dans la tonalité de sol, fa devenant alors l’une des « notes bleues » de la tonalité.

L'accord de 7è : la base du BLUES

Ces notes jouées ensemble donnent ce que l’on appelle un accord de septième. Terminer un morceau sur un accord de septième c’est donner un sentiment d’incomplétude, de résignation et donc de tristesse à l’auditeur, celui-là même qui définit le blues ; on peut faire une simple allusion au blues en ajoutant une note de septième à n’importe quel accord final d’un morceau classique.

L'accord de 7è, déjà présent dans la musique post-classique dès le XIXè siècle

On peut déjà trouver quelques morceaux postclassiques, c’est-à-dire après Beethoven, se terminant délibérément sur un accord de septième : ainsi du 23e Prélude de Chopin, musicien du tragique s’il en fut. On peut d’ores et déjà remarquer que l’équivalence placée entre la « tristesse » et la septième était parfaitement reconnue par des musiciens européens indépendamment du blues.
D'ailleurs, Robert Schumann, dont on peut raisonnablement douter qu’il ait été un familier de la musique noire du Mississippi déclarait déjà : « Qu’est d’autre notre vie sinon un accord de septième plein de doutes, qui porte en lui des désirs insatisfaits et des espoirs insatiables ? »

L'évolution américaine :

Rappelons qu’être blue en américain c’est être triste, cafardeux. Pour qu’émerge ce sentiment de tristesse, il faut que l’auditeur attende implicitement quelque chose dont il est frustré. Ce quelque chose est l’accord de tonique (ou l’accord parfait pour simplifier), qui se trouve à la quarte au-dessus : sol si ré fa – do mi sol do.Bon nombre de morceaux musicaux se terminent cependant sur un accord tonique, mais 7è. La frustration est moindre pour l'auditeur, mais laisse planer à la fois le sentiment de tristesse, tout en distillant une sensation de continuité donc d'infini...



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